Carte blanche à Wang Keping

MNAAG, Musée national des arts asiatiques – Guimet, Paris
Jusqu’au 6 mars 2023

La 16e carte blanche contemporaine du Musée national des arts asiatiques – Guimet est confiée à l’artiste chinois Wang Keping, qui investit la rotonde du 4e étage et les collections permanentes chinoises.
21 sculptures en bois ou en bronze instaurent un dialogue avec les œuvres millénaires du musée.

Né en 1949 près de Pékin, Wang Keping est l’un des fondateurs de l’art contemporain chinois, en raison notamment du rôle clef qu’il a joué dans l’avant-garde artistique chinoise au cours des années 1970 et de son appartenance au mouvement des Étoiles. En quittant la Chine et s’installant en France en 1984, il se retrouve libéré du poids de la censure ; la sculpture s’impose alors comme un langage à inventer, construisant un chemin résolument personnel, sans mettre en scène son héritage chinois. Il a développé depuis une œuvre virtuose qui explore toutes les possibilités du bois, reconnue internationalement comme l’une des contributions les plus importantes à la sculpture contemporaine.

Pour le MNAAG, Wang Keping a choisi, pour la première fois, de travailler sur une essence exotique. La densité et la dimension des fourches d’acajou l’ont mis au défi d’inventer une nouvelle écoute, de nouveaux gestes. La série inédite des Acajous trouve son origine en 2019 lorsque Wang Keping investit un chantier naval en Vendée, vaste atelier lui offrant l’occasion de créer des œuvres monumentales. Si, depuis son installation en France, il a choisi de
ne travailler qu’avec des essences locales, une proposition inattendue lui est faite en plein confinement : l’achat d’un stock d’acajou, bois rare et précieux, dont l’exportation d’Afrique de l’Ouest est règlementée. Keping saisit cette opportunité de travailler une essence qu’il ne connaît que de réputation.
Pour la première fois, les blocs arrivent à son atelier déjà secs, débités et écorcés, de forme plate et trapézoïdale, comme une page blanche, alors qu’il a l’habitude de sculpter le bois à partir de ses formes naturelles. Durs comme de la pierre, Keping fait œuvre de patience pour libérer les formes et les sublimer. Il cherche dans cette nouvelle chair de bois à être encore plus simple, plus essentiel : deux courbes suggèrent une poitrine, une nuque délicate se dévoile sur le côté pour suggérer la féminité. À l’instar du calligraphe qu’il a été, il instaure un subtil dialogue entre le volume et la ligne, le vide et le plein. Le travail de la patine a lui aussi été ajusté : une fois calcinée et patinée par le noir du charbon, la matière rose pâle brute dévoile des rouges sombres et sublime le veinage du bois. Le polissage final permet à l’œuvre de capter la lumière, « comme si le bois devenait jade ou bronze ».

Les œuvres de Wang Keping sont présentées dans la rotonde du 4e étage, dans la salle d’archéologie chinoise au 1er étage et sur le palier dit « aux oiseaux », en dialogue avec les collections du musée. L’artiste, reconnu internationalement pour son langage sculptural singulier, offre au visiteur savision de l’harmonie avec la nature dans le respect de la philosophie taoïste, donnant à voir des œuvres au caractère universel : les femmes et les oiseaux expriment tour à tour la sensualité, l’érotisme, la fertilité, le masculin et le féminin.

Attachée de presse : Maëlys Arnou
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